1) Les principaux types:
Il existe deux principaux types de radars routiers
a) Les radars de vitesse :
Ce sont eux qui font l’objet de cet article
b) Les radars de feu rouge.
Ce ne sont pas à proprement parler des ‘radars’, mais des boucles inductives qui détectent la présence de véhicules dans des zones définies. Pour plus d’information voir ici.
2) Les radars de vitesse comment ça marche !
La majorité des radars de vitesse utilisent l’effet Doppler pour mesurer la vitesse. Pour un observateur immobile, toute onde, sonore ou radio électrique, émise ou réfléchie par un objet en mouvement, voit sa fréquence modifiée en fonction de la vitesse. C’est l’effet Doppler.
Ainsi le bruit d une voiture en rapprochement est plus aigu que celui d’une voiture en éloignement.
Dans le cas qui nous intéresse:
f 1 = f * (1 + v/c)/ ( 1 – v / c ) avec
f= fréquence d’émission du radar, f1 fréquence de l’onde reçue, v vitesse du véhicule et c vitesse de propagation des ondes.
Le radar routier connait sa fréquence (f) et mesure celle qu’il reçoit. Il peut donc calculer la vitesse du véhicule suivant la formule :
v = c (f1-f) / (f1+f)
Ordres de grandeur: f1 -f (fréquence Doppler) est de l’ordre de quelques Hz, voir centaines d’Hz (102), F est de l’ordre de quelques GHz (109). Donc le dénominateur f1+f # 2f.
la formule se simplifie et devient:
v=1/2 c (f1-f) / f )
3) Précision :
La formule ci-dessus est valable quand le véhicule se déplace droit sur le radar. Si l’angle de la vitesse du véhicule par rapport à la ligne véhicule/ radar est a (voir figure),

alors la vitesse mesurée par le radar est :
v’= v cos a
Pour donner une idée, à 130 km/h l’erreur est de 10 km/h si l’angle fait 22°.
Ainsi les radars les plus précis son ceux positionnés dans l’axe de la route, sur un pont par exemple, ou à l’entrée d’une courbe. Ceux situés au bord de la route doivent être positionnés de façon très rigoureuse et effectuer une correction dépendant de la vitesse à mesurer et des voies de circulation surveillées.
Vous trouverez rarement des radars au milieu d’une courbe, trop délicat à étalonner.
4) Peut-on les berner
a) Dispositifs temps réels
Tous les dispositifs destinés à détecter ou brouiller un radar sont interdits en France. Si vous en possédez un c’est à vos risques et périls.
On distingue :
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Les détecteurs de radars.
Ce sont des appareils qui détectent l’onde du radar et émettent un signal d’alerte(son et/ou voyant). Avantage :
ils sont passifs (récepteurs) et n’émettent pas de signal. Ils sont donc difficilement décelables. Inconvénients :
Pour être efficaces il faut qu’ils soient très sensibles, sinon le radar vous aura vu avant que vous ne l’ayez détecté.
On trouve ces équipements sur des marchés parallèles ou à l’étranger.
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Les brouilleurs
Ils émettent un « bruit » électromagnétique puissant autour de la fréquence du radar et ainsi l’éblouissent. C’est comme si vous éclairiez quelqu’un avec une lampe torche pour le voir arriver et qu’il vous balance un gros projecteur : Vous êtes ébloui.
Gros inconvénient: Ce dispositif est très facilement détectable.
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Les leurres.
Dès qu’il reçoit l’onde du radar, le dispositif de leurre émet en synchronisme une onde quasi identique, légèrement décalée en fréquence (f2), et un peu plus puissante que l’onde (f1) réfléchie vers le radar.

La vitesse que mesure le radar est alors:
v =1/2 c (f2-f) /f.
Si f2 est bien calculée, la vitesse mesurée est dans les clous !
Remarque importante:
Tous ces dispositifs ne sont efficaces qu’en rapprochement (de face) car il faut détecter l’onde du radar assez tôt. Pour les radars qui vous prennent par l’arrière impossible de les détecter le premier.
b) Les bases de données.
Elles sont basées sur la connaissance à priori de la position des radars.
La position des radars fixes et les aires de déploiement des radars mobiles sont connues.
Elles sont mêmes publiées, mais avec une incertitude allant jusqu’à 4 km.
C’est ce que le législateur appelle pudiquement les « zones de danger ».
Ces zones de danger peuvent être légalement introduites dans les GPS compatibles.
Elles sont également utilisées par les équipements du type coyotte.
Avantages :
C’est légal, à condition d’utiliser les bases de données « officielles ». Des petits malins sont tentés de les modifier en mettant les emplacements exacts et en réduisant l’incertitude des zones de danger.
Inconvénients :
Positionnement peu précis (jusqu’à 4 km d’incertitude).
Comme les aires de déploiement possible des radars mobiles sont innombrables, votre dispositif sonne quasiment en permanence.
Ainsi faites l’expérience et prenez le boulevard périphérique d’une grande ville. Vous constaterez que le dispositif sonne chaque fois que vous allez passer sous un pont, emplacement que privilégie la maréchaussée pour installer ses pièges.
c) Les équipements « collaboratifs »
Ces dispositifs sont soient autonomes (Coyote) soient installés sur des smartphones.
Ils demandent la participation de chacun.
Ainsi quand vous passez devant un radar, vous le signalez par une manipulation sur l’appareil.
Le renseignement est alors envoyé par voie hertzienne vers un serveur qui centralise les données, les vérifient et les redispatche par la même voie vers tous les équipements connectés.
Pour être en conformité avec la loi et sa notion de « zone de danger » les équipements légaux type Coyote redispatchent l’info radar avec la même imprécision que celle mentionnée ci-dessus ( jusqu’à 4 km).
5) Conclusion :
Il n’y a pas de procédés miracles légaux pour éviter les radars routiers.
Si vous ne voulez pas être verbalisé et voir votre capital point amputé, une seule solution.
Respecter le code de la route!
Lary dit Yves Cazaux
Commentaire (09/01/2014)
Parmi les dispositifs collaboratifs installables sur smartphone, le plus en vogue est le système gps « waze », et il est gratuit.
J’ai entendu ces jours-ci à la radio que Coyotte hurle à la concurrence déloyale et saisit la justice.

